C’est toujours une satisfaction quand un client fait de nouveau appel à vos services. C’est le signe que les précédents projets menés ensemble ont rempli les objectifs qui avaient été fixés. Avec la Médiathèque Elsa-Triolet&Aragon d’Argenteuil, nous venons de présenter la troisième saison du podcast de l’atelier de français parlé.
Et de trois saisons de podcast !
Comme l’édition précédente, le projet s’inscrit dans le cadre du bel événement national que sont Les Nuits de la lecture. Cette année, le thème a l’honneur explorait les liens entre « Villes et campagnes ». Les deux bibliothécaires en charge de cet atelier hebdomadaire ont décidé de faire découvrir aux participants la chanson de Jean Ferrat, La Montagne. Le support musical se révèle toujours très fédérateur et plein de possibilités d’exploitation pédagogique.
En tant que créatrice de podcast, j’ai tout de suite vu l’intérêt sonore d’un tel choix : dans nos épisodes, il y aurait à la fois des extraits des enregistrements des séances, avec la voix des participants, mais aussi des chansons, des sons d’instruments… Un vrai plaisir lors du montage de ce podcast. J’ai pu alterner entre extraits de chansons célèbres, échantillons sonores de presque tout un orchestre et voix des participants. Tout cela donne du rythme et du relief au podcast. À l’écoute, c’est vraiment agréable, les premiers auditeurs y ont été sensibles.
Le titre de cette nouvelle saison s’est bien vite imposé : Pourtant que la montagne est belle, en hommage au poème du célèbre Auvergnat ! Tout de suite, on a le refrain qui tourne en boucle dans la tête et l’envie de le fredonner. On a une identité qui est plantée. L’écriture et la scénarisation du podcast ont peu ou prou suivi la progression des séances enregistrées. Comme certains participants ont un niveau débutant en français, les bibliothécaires ont mené un travail de vocabulaire assez conséquent. Cette étape a fourni le matériau pour le premier épisode et même une partie du deuxième « Enquête entre montagne et ville ». Dans le troisième et dernier épisode de ce podcast, on a eu le droit à une interprétation chorale de La Montagne : ça n’était absolument pas prévu mais c’est sans doute la partie la plus réussie du podcast. Ce que j’aime beaucoup dans ce genre de projet, c’est justement cette spontanéité qui vient surprendre. Comme cette bibliothécaire qui s’est lancée dans une chorégraphie des Clodettes… Par souci de discrétion, je ne la nommerai pas ici.
Retours gagnants sur l’atelier de podcast
À l’heure de la restitution, nous avons reçu un accueil très positif des participants, émus de s’entendre échanger en français, et des usagers de la médiathèque venus assister à cette présentation officielle. J’ai mendé un bilan avec les bibliothécaires qui, au-delà de la dynamique du podcast qui retranscrit l’énergie de leur atelier, ont observé une assiduité en hausse de la part des participants. L’atelier de podcast a constitué un rendez-vous qu’ils ne voulaient pas manquer, même lors de l’épisode neigeux de ce début d’année 2026 !
Les participants ont également répondu présents aux séances intermédiaires entre deux enregistrements. Elles m’ont dit le projet de podcast avait créé une réelle dynamique, ce qui constitue un réel enjeu pour l’action culturelle et sociale de la ville. Pour poursuivre l’atelier de français parlé, il faut que le public continue d’adhérer. S’il n’est pas ou peu fréquenté, il se peut que son existence soit remise en question. Ce n’est heureusement pas le cas.
Fidéliser et attirer de nouveaux usagers grâce au podcast
Comme toujours, après une phase de crainte face au micro, les interviewés, quels qu’ils soient, apprécient l’attention qu’on porte à ce qu’ils disent. Parce qu’ils ont un message à transmettre, ou tout simplement ici, parce que s’exprimer en français représente déjà un défi personnel. Une participante, Ayet, n’a prononcé qu’une seule phrase (« J’aime aller au cinéma. »), mais quelle fierté pour elle et pour les encadrantes qui l’entendent très rarement. Plusieurs participants ont invité des amis à la soirée officielle de présentation du podcast. Souvent des personnes qui apprennent également le français et qui découvrent ainsi l’établissement et l’offre qu’il proprose, notamment en termes d’accompagnement linguistique.
Le podcast a agi comme un outil non seulement de fidélisation du public (c’est que la médiathèque a pu constater), mais aussi de rayonnement en attirant des curieux et de nouveaux usagers et, je l’espère, comme un facteur de croissance en termes de fréquentation de l’atelier et plus largement de la structure municipale. La culture ne fait que grandir quand on la partage !
