Après plusieurs années intenses à la radio – d’abord à Aligre FM, puis à IdFM, RFI et Radio Vinci Autoroutes (mieux connu à travers sa fréquence, le 107.7), j’ai voulu ralentir le rythme… La vie de journaliste pigiste n’est pas de tout repos. Je ne parle pas de l’instabilité (des mois avec et des mois sans le sou !). Je veux parler du rythme.
La radio, adieu les huit heures de sommeil par jour !
Le 107.7 est une radio d’utilité publique ! Elle guide, oriente, informe les auditeurs 7 jours sur 7, 24h sur 24. C’est la seule radio aujourd’hui à émettre en direct H24. Sur les autres stations de radio, la nuit vous entendez des rediffusions. Pour l’info trafic, ce n’est évidemment pas possible. Cela suppose que les journalistes soient mobilisables de jour comme de nuit.
Quand on intègre l’équipe, on commence par des horaires de nuit. Pas seulement parce que les collègues plus aguerris veulent des horaires plus confortables. La raison principale réside dans le faible trafic autoroutier entre 1 heure et 6 heures, pile la tranche horaire des premières piges.
Petite précision de vocabulaire : un journaliste pigiste, c’est un indépendant qui peut être amené à travailler pour plusieurs médias selon ses disponibilités et envies (et avant tout selon les besoins des rédactions). Le journaliste pigiste est payé à la pige, c’est-à-dire à l’article pour la presse papier ou à la tranche d’antenne à la radio.
J’ai adoré faire quatre, cinq voire six heures de direct. C’est grisant. Même si je devais arriver à minuit à la radio, même quand le réveil sonnait à 4h20 pour les matinales (souvent le dimanche pour moi). Mais ça m’a usée, physiquement principalement. La qualité de mon sommeil n’a jamais été optimale mais dormir le jour a été ce que j’ai vécu de pire pour ce qui est de la santé et de l’équilibre de vie. On oublie les huit heures de sommeil réparateur qui booste votre immunité pour parler comme dans les magazines de santé.
Emploi : explorations et trouvaille inattendue
Mon engagement dans ma paroisse s’étant accentué ces dernières années, une idée a mûri : et si je trouvais un travail de journaliste dans un média chrétien ? Autant dire un métier où les places sont rares dans un média de niche ! Outre les nombreuses candidatures spontanées restées sans réponse, j’ai envoyé ma candidature au diocèse de Paris pour un poste de journaliste à Paris Notre-Dame, le magazine diocésain.
En marge de mes recherches, je suis tombée sur une annonce pour un poste à mi-temps qui mêlait coordination, patrimoine religieux, et transmission aux plus jeunes. Ce n’était pas du tout ce que je recherchais car je voulais continuer à exercer comme journaliste, à être titulaire de la carte presse et à écrire (à défaut de parler au micro). Pourtant, les missions m’ont tout de suite parlé. Alors, j’ai postulé. Et puis j’ai pour ainsi dire oublié cette candidature envoyée parmi tant d’autres pour des postes dans la presse et la radio.
Un jour au téléphone, une voix toute douce me propose une rencontre pour échanger sur le poste de responsable de coordination et d’animation aux Trésors de Paris. C’était la présidente de l’association. Quand je l’ai rencontrée, j’ai tout de suite senti que j’avais envie de travailler avec cette femme avenante et pleinement investie dans sa mission de transmettre le beau aux enfants et jeunes à travers les visites d’églises et de quartiers de Paris.
Lors de l’entretien avec la responsable des ressources humaines, j’ai appris qu’elle s’était arrêtée de compter à partir de 300 les candidatures pour le poste de journaliste qui n’est vraisemblablement pas resté vacant longtemps ! Même si le poste aux Trésors de Paris n’a pas suscité cette avalanche de candidats, il y a eu un long arbitrage en coulisses car nous étions plusieurs en lice. Quelle joie lorsque j’ai appris que j’étais retenue !
Mes dernières antennes à la radio
Comme je m’étais engagée sur un planning de plusieurs semaines à la radio, j’ai demandé à retarder ma venue au sein de l’association diocésaine. Nous avons trouvé un compromis qui me permettait de tenir mes engagements le temps que la radio adapte le planning. Mes dernières antennes ont suscité en moi beaucoup de plaisir (il fallait profiter du micro et du direct à fond) mais aussi de la mélancolie. Je m’entendais très bien avec mes collègues : c’est une équipe très soudée, très pro, très drôle aussi. Cette ambiance allait me manquer. Et même si j’envisageais de poursuivre mes activités de podcast, je n’allais plus travailler de la même façon avec ma voix. Clin d’œil de la vie : pour mon pot de départ, on est allés par hasard dans un café parisien où jouait un groupe exceptionnel et dont le chanteur avait une voix époustouflante !
Au service de l’église catholique à Paris
Au cours de ma vie active, j’ai eu plusieurs métiers, connu des univers très différents. Et je n’en suis qu’à la moitié. (Disons plutôt que je travaille depuis une vingtaine d’années car nul ne sait quel sera l’âge de la retraite dans les années à venir !) C’est pourtant le changement le plus radical que j’aie opéré en termes d’environnement. Ma foi et mes convictions ne sont plus à mettre à part, à mettre en sourdine, et ça, ça fait un bien incroyable. Je côtoie des gens avec qui nous poursuivons le même but d’évangélisation, d’autant plus que l’association pour laquelle je travaille est en lien direct avec le Vicariat Enfance et Adolescence.
Je coordonne une équipe d’une vingtaine de bénévoles. Il s’agit de guides-conférenciers qui emmènent des classes, des aumôneries ou des patronages à la découverte du patrimoine religieux de la capitale. Le quartier Notre-Dame, La Butte Montmartre, Saint-Germain-des-Prés, Sur les chemins de Saint Jacques, François d’Assise, un saint rayonnant… sont quelques-uns des parcours imaginés et créés par ces guides passionnés. Ils ont conçu des livrets très bien faits à destination des jeunes visiteurs. Mon rôle en tant que coordonnatrice et animatrice (et unique salariée de la structure) est d’accueillir les demandes, orienter les responsables de groupes sur ce qui pourrait le mieux correspondre à leurs attentes puis d’organiser l’affectation des visites en fonction des disponibilités des guides, et de m’assurer de la disponibilité des lieux et parfois des témoins.
Des histoires de transmission
Quand je parle de témoins, il s’agit de frères du Couvent de Saint-François ou des religieuses qui accueillent à la chapelle de la Médaille Miraculeuse. L’une d’elles a accueilli une classe de Cinquième à l’enthousiasme un peu tiède dans la salle vidéo où est projeté une vidéo expliquant l’histoire des lieux. Nos guides avaient œuvré pour rendre stimulante la visite mais elles ont assisté à un échange très profond. Quand les collégiens ont été invités à poser des questions, un garçon a demandé combien la sœur était payée. Elle a répondu que sa récompense c’était Dieu qui l’a lui donnait, notamment à travers les rencontres qu’elle vivait avec les visiteurs. Autant dire que les jeunes se sont montrés poliment sceptiques… Puis elle s’est mise à raconter son histoire personnelle, comment elle a dû fuir son village en Afrique alors que les terroristes de Boko Haram ravageaient tout. Et là, la rencontre a eu lieu en vérité. Rien que pour entendre ces récits de visites, je me dis que j’ai bien fait de tenter cette nouvelle aventure.
Avec ce poste à mi-temps dans cet environnement très stimulant pour moi, je conserve la liberté d’accompagner des clients pour des projets de podcast ou de créer mes productions originales. Un équilibre que j’apprécie !
