Conférences : la culture en partage

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Mes débuts de conférencière trouvent leur source dans mon besoin de transmettre. Mon premier métier, celui de professeur, ressemble par bien des aspects à celui de conférencier, à la différence près que le public que constituent les élèves est captif : ils n’ont pas d’autre choix que d’être là ! Plaisanterie mise à part, l’enjeu des auditeurs est primordial car il faut savoir capter leur attention, et mieux encore, les captiver. C’est l’un des aspects que je voudrais aborder ici. De façon plus générale, il sera question de ce qu’implique une conférence en termes de préparation et de prestation.

Le but d’une conférence, qu’elle soit scientifique, technique ou culturelle, est d’apporter un savoir. Le conférencier transmet un ensemble de connaissances sur un sujet donné à un auditoire intéressé par le domaine abordé. Le degré préalable de connaissance du sujet par le public est variable : il peut y avoir des spécialistes et des profanes. La conférence est souvent aussi l’occasion d’un échange entre le conférencier et le public.

C’est justement dans le but de transmettre qu’en 2019, je me suis lancée dans la préparation d’un sujet qui me tient à cœur et que je connais bien : le fado. Passionnée de musique et ayant eu l’occasion de donner plusieurs concerts de fado, j’ai eu l’idée de présenter une conférence qui s’intitule « Le fado, fabuleux chant de Lisbonne ». J’ai lu, interrogé des spécialistes, écouté encore plus de fado, vu des films (il faut absolument regarder ce magnifique film français : Les Amants du Tage !) et une structure de conférence a émergé.

Alors que je commençais à écrire ma conférence, j’ai cherché à qui et comment la présenter une fois qu’elle serait présentable. C’est là que j’ai découvert une très belle association, VsArt, qui apporte la culture à ceux qui en sont éloignés. Quand vous êtes handicapé, hospitalisé, résident en EHPAD ou détenu, votre contact à la culture devient limité. L’association qui fait de la solidarité sa première valeur propose un large catalogue de conférences et de concerts à des établissements de soins, d’accueil de personnes fragilisées par le handicap ou l’âge ou de détention. Ces prestations sont assurées par des bénévoles triés sur le volet. Pour avoir franchi toutes les étapes de sélection, je peux témoigner que le niveau d’exigence est élevé ! J’ai dû retravailler ma présentation à fond pour m’adapter parfaitement au public de VsArt.

Pendant deux ans, comme bénévole, j’ai présenté ma conférence dans des clubs senior et des EHPAD. J’étais heureuse de faire découvrir le fado, ce genre musical portugais qui mêle guitares et voix. Les échanges qui suivaient la présentation mêlant images, extraits musicaux et explications, étaient toujours d’une grande richesse. Donner une conférence, c’est un moment de transmission mais surtout de partage. Pour intéresser le public, je l’ai remarqué chez d’autres conférenciers, l’essentiel est de communiquer son enthousiasme pour le sujet et son goût pour le partage.

Lorsque j’ai décidé de me lancer en tant que conférencière indépendante et de fonder Apostrophe, j’ai réfléchi à une évolution de ma conférence. De nombreux auditeurs m’avaient confié qu’ils auraient apprécié entendre un peu de fado en direct. Parfois, je chantais a capella mais le fado, c’est avant tout une harmonie entre la voix et les instruments. Aussi, l’idée de la conférence chantée s’est imposée. Dans la conférence chantée, je parle de la naissance du fado au XIXe siècle et de son évolution tout au long du siècle suivant et, à différents moments, je chante des fados, accompagnée de deux musiciens.